La Langue

mercredi 1er février 2006.
 

(GIF) Le nombre des citoyens allemands et étrangers vivant en Allemagne et à l’étranger, qui utilisent l’allemand comme langue maternelle oralement et par écrit, tourne autour de 91-92 millions (l’estimation est basée sur le nombre d’habitants des régions germanophones). Le nombre de personnes qui utilisent l’allemand comme langue étrangère se situe dans une fourchette de 25 à 55 millions. L’allemand est la première langue maternelle dans l’UE. Par ailleurs, la communauté germanophone est, économiquement parlant, la première en Europe et la troisième dans le monde. L’allemand est avec l’anglais la deuxième langue étrangère la plus pratiquée en Europe ; il se classe deuxième sur l’Internet, assez loin derrière l’anglais. Depuis les bouleversements politiques à l’Est, l’allemand joue un rôle important de passerelle vers l’UE dans les Etats réformateurs de l’Europe centrale, orientale et du sud-est, comme dans les Etats issus de l’ex-URSS. 2001 ayant été proclamé l’année des langues par Bruxelles, l’occasion est venue de vérifier où en est l’allemand dans les pays membres de l’UE. Un niveau suffisant en allemand est l’une des principales conditions de l’intégration des personnes d’origine étrangère dans la société allemande. Le gouvernement encourage l’apprentissage de l’allemand à l’aide de différentes mesures :
-  les "Spätaussiedler", c’est à dire les descendants, revenus tardivement au pays, des familles allemandes jadis émigrées en Europe centrale, orientale et du sud-est, les conjoints et les descendants de ces "Spätaussiedler", ainsi que les personnes ayant droit à l’asile et les réfugiés faisant partie d’un contingent suivent des cours de langue pendant une période qui peut couvrir six mois (Drittes Sozialgesetzbuch). Les cours durent toute la journée. 240 millions de marks ont été débloqués pendant l’exercice 2001 pour financer ces cours.
-  les salariés étrangers et les membres de leurs familles peuvent prendre part à des cours qui sont financés à hauteur de 34 millions de marks par le gouvernement cette année.
-  le gouvernement a aménagé un fonds spécial de 143 millions de marks cette année pour les jeunes "Spätaussiedler" et les réfugiés reconnus comme tels, afin d’aider ces personnes à mieux s’intégrer et à faire des études, le cas échéant.

La promotion de la langue allemande à l’étranger fait partie des principales préoccupations de la politique culturelle étrangère. Etant donné que le pays entretient avec toutes les parties du monde des relations de plus en plus étroites, il semble logique de vouloir se faire comprendre à l’étranger. Même si l’anglais reste de toute évidence la première langue de communication internationale, l’importance de l’allemand ne doit pas être sous-estimée, surtout en Europe. Il est très difficile de savoir combien de personnes apprennent l’allemand dans le monde. Les chiffres sont fluctuants. Selon le Goethe-Institut Inter Nationes, en 1995, 20 à 21 millions de personnes apprenaient l’allemand comme langue étrangère. Les écoles allemandes à l’étranger sont fréquentées par environ 250.000 élèves sur la planète. En 2000, 14.000 élèves ont passé un examen de langue en allemand dans un Goethe-Institut, leur nombre a augmenté de 100% par rapport à 1995. La situation de l’allemand dans le monde varie selon les continents. En Amérique du nord on enregistre une légère augmentation du nombre d’élèves qui apprennent l’allemand dans les établissements scolaires (selon les estimations), mais une diminution du nombre d’étudiants suivant des cours d’allemand dans les universités. En Amérique du sud le nombre de ceux qui apprennent l’allemand en tant que langue maternelle ou langue étrangère semble décroître. Au Japon on note aussi une régression lente mais constante de l’intérêt pour l’allemand. En Europe, dans l’UE, depuis la fin des années quatre-vingts, l’allemand a suscité une flambée d’intérêt au début des année quatre-vingt-dix, mais il intéresse moins les Européens depuis 1995. Les habitants d’Europe centrale et orientale (y compris les Etats riverains de la Baltique), se sont précipités sur les cours d’anglais mais aussi d’allemand après 1989. Selon un sondage publié en février 2001 par la direction générale de l’enseignement et de la culture de la Commission Européenne, dans l’UE, 23,3% des habitants utilisent l’allemand comme langue maternelle (à titre de comparaison : 15,9% l’anglais et 16% le français). L’allemand est appris en tant que langue étrangère par 33,6% de la population de l’UE (à titre de comparaison : anglais 56,4% et français 35,2%). Le gouvernement allemand entreprend des efforts considérables pour familiariser les membres des institutions européennes avec la langue allemande, ceci afin de garantir la présence de la langue allemande dans l’UE à long terme. Il cible tout particulièrement les représentants des pays qui veulent entrer dans l’UE. Vu l’utilisation renforcée de l’allemand dans les commissions (groupes de travail, conseils des ministres,etc.) le gouvernement allemand a proposé des cours de langue spécifiques pour les fonctionnaires de haut rang venant des pays désireux d’adhérer à l’UE, afin qu’ils puissent utiliser ultérieurement l’allemand comme langue de travail dans les commissions. Le gouvernement allemand pense qu’il faut encourager le plurilinguisme dans l’UE : la multitude des langues est un élément de la diversité culturelle qui distingue l’Europe. Des connaissances solides dans les langues étrangères sont appréciables pour la compréhension mutuelle, elles sont même une condition incontournable de l’approfondissement de l’intégration européenne. En soutenant le principe de la diversité des langues dans l’UE, Berlin encourage la propagation de la langue allemande dans les Etats membres.

2002©