En premier lieu, la remise en cause de son modèle économique constitue un traumatisme pour le peuple allemand. Ayant entretenu, dans les années qui suivirent le désastre nazi, une relation ambiguë avec la notion de fierté nationale, le peuple allemand avait reporté sur son économie et sur sa monnaie une bonne partie de cette fierté.
Les Allemands ont-ils le droit d’avoir un sentiment national ? Ont-ils le droit, malgré le passé national-socialiste et les nouvelles flambées d’extrême droite, d’être fiers de leur pays ? Ces questions font l’objet d’âpres discussions.
Les récents débats au Parlement montrent bien que, dix ans après la réunification, le sujet est à nouveau d’actualité. Et délicat.
C’est un responsable politique qui déclencha la discussion actuelle en s’affirmant fier d’être Allemand. Les extrémistes de droite ont récupéré ce slogan, générant une vague d’indignation dans la classe politique et la population. Mais des voix se firent aussi entendre qui approuvaient.
Les hommes politiques tous partis confondus se lancèrent dans la discussion pour définir si les Allemands pouvaient ou non revendiquer sans réserve leur appartenance à leur pays.
"Je pense que toutes les nations ont leur fierté nationale. Alors pourquoi pas nous ? Avec modération. C’est mon avis." La fierté des citoyens se porte plutôt sur les acquisitions concrètes. Une économie saine et la prospérité sont louées par 80% de la population tandis que 75% s’enorgueillissent du niveau de l’art et de la littérature de leur pays tout autant que de leur système social performant et de leur démocratie saluée par le monde entier.
Lorsque les Allemands parlent de leur pays, ils évoquent en premier lieu les beaux paysages et le rôle de l’Allemagne au sein de l’Europe. Sans oublier les succès engrangés par leurs sportifs.
Aborder ce sujet en Allemagne, c’est au bout de quelques secondes parler du national-socialisme. Finalement, c’est devenu le point de référence de la compréhension historique. Heureusement perçu négativement pour la majorité des gens. Que l’on veuille s’en démarquer ou en tirer une leçon pour l’avenir. Il en va tout autrement dans les nouveaux Länder. L’idée de référence n’y est en aucun cas le national-socialisme mais plutôt ce que l’on peut désigner historiquement par l’antifascisme.
Les vaincus de la seconde guerre mondiale, Japonais compris, font preuve d’une fierté nationale moins prononcée. Parce que cela a un lien direct avec cette guerre. La répercussion en est encore palpable parce qu’elle se poursuit dans la socialisation. Pour combien de temps encore ? difficile à dire.